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TEMOIGNAGE - Originaire des Pays-Bas, Anita a déboulé en France en cherchant un travail dans la communication. Elle n'a jamais trouvé. Alors, elle a choisi d'être balayeuse, pour découvrir Paris d'une autre manière. Elle en a tiré un livre, "Il est cinq heures, Paris s'éveille. Mémoires de balayeuse". Et nous raconte un quotidien difficile, mais heureux.
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Pendant deux ans, elle s'est levée tôt. Très, très tôt, pour aller au boulot. Pour balayer les rues de Paris. Pendant deux ans, Anna Livart, à peine 30 ans, a fait partie du service Propreté de la Ville de Paris. Ces hommes et femmes, habillés en vert et jaune criards, qui récurrent les égouts, remballent les marchés, ramassent les crottes de chien ou les montagnes de feuilles mortes. De son expérience, Anna vient de sortir un livre,  "Il est cinq heures, Paris s'éveille, mémoires de balayeuse" .

"Paris est une ville d'apparences"

En fait, Anna est devenue balayeuse par choix. La jeune femme est originaire des Pays-Bas. Elle a débarqué à Paris en 2007, en cherchant un boulot dans la communication. Elle n'a pas trouvé. Mais ça lui a donné envie de découvrir Paris sous un angle différent de celui du travailleur pressé. Les odeurs de la ville, celles du petit matin, des feuilles mortes, ou des déjections canines. De croiser aussi ces "parias, toxico, prostituées, sans abri", bref, tous ceux qui ne sont pas dans le circuit. Et, sans doute, de se mettre au défi. "Paris est une ville d'apparences, d'extérieur, ou l'on doit courir avec les autres et se battre pour soi-même", écrit Anna. "Je voulais sortir de ma zone de confort, voir jusqu'où je peux aller dans un monde sombre." Et, à l'heure du bilan, elle n'a qu'un mot : "C'était exceptionnel". Oui, exceptionnel.

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Pour entrer au service Propreté, il a fallu 9 mois à Anna. Parce qu'elle était étrangère, et qu'il fallait les bons papiers. Mais aussi, parce que pour entrer, il y a un concours. Epreuves écrites et pratiques, s'il vous plaît. "Ça m'a étonné au départ, ce concours", reconnaît Anna. "Mais je pense que c'est lié au statut de fonctionnaire". Et sachez-le, les postulants sont nombreux.

Pourtant, le métier est physique, usant, à la Propreté, secteur ouvert aux femmes depuis 2002. Il y a d'abord le lever aux aurores. "Je vivais en décalage horaire permanent", raconte Anna. "Pour débuter à 6 h, je me levais à 4. Certains collègues, qui habitaient encore plus loin, se réveillaient tous les jours à 2h30." Et puis, c'est travail dehors, quel que soit le temps. "En été, c'est très agréable, avec les manches courtes, à voir le soleil se lever. L'hiver, c'est dur. On fait des journées de 7 ou 9 heures d'affilée, on est dehors 3 heures de suite. On a froid, très froid aux mains, aux pieds, malgré les couches de vêtements". Mais les tâches sont variées. "On peut être à la lance pour nettoyer les trottoirs, sur les marchés… Ce n’est jamais monotone".

Le "fonctionnement merveilleux" des syndicats

Elle est comme ça, Anna. A observer d'un air souriant, presque candide ce nouveau métier. Etonnée, mais toujours positive. Elle découvre ainsi son équipe, ces travailleurs invisibles. "Il y a une vraie diversité. Les anciens, ce sont les Africains, venus il y a longtemps à la Ville, et sur le point de prendre leur retraite. Les conditions ont beaucoup changé, grâce à eux. Les plus jeunes font partie de la deuxième génération arrivée en France, et il y a de plus en plus de Français d'origine, ou d'Européens."

A la Propreté, Anna découvre aussi, amusée, les sacro-saints syndicats, et leur "fonctionnement merveilleux", qui viennent recruter les salariés dès leur embauche, les rafales d'abus dénoncés chaque semaine à grands coups de slogans rouges, les appels à la grève "tous les mois ou presque", les réunions tous les deux mois. Bref, "tout le monde est bien occupé. Heureusement, ça se passe sur les heures de travail", conclut-elle, un peu ironique.Banquette Achat Vison Cdiscount Bz Kawa Couleur Vente 54AjLR

Carte postale, cercueil et florins hollandais

Les balayeurs ont aussi leurs petits plaisirs, comme la "biffe", la récupération d'objets sur la voie publique, pratique officiellement interdite, mais sur laquelle les chefs ferment les yeux, du moment que c'est discret. "Ça rend le métier intéressant, chaque jour on peut trouver des trésors dans la rue", raconte Anna. Elle, a trouvé un iPod avec une super playlist, et une carte postale venue d'un autre temps et d'un autre pays, "qui l'a fascinée". Un de ses collègues conducteur a un jour trouvé un cercueil. "Il voulait y mettre des planches pour en faire un placard à bouteilles, mais bizarrement sa femme n'a pas voulu...", rigole Anna. Le vrai trésor, lui, a été trouvé, une fois. "Un collègue a découvert une boite remplie de pièces, des florins hollandais… On en parle encore. Ca n'avait pas forcément beaucoup de valeur, mais ça fait rêver."

"Tout le monde produit des déchets, mais peu de gens les ramassent"

Dans les quartiers, les travailleurs vert et jaune font partie du paysage. "Souvent, les usagers ne nous voient pas, ont le regard qui glisse sur nous", raconte Anna. "Mais ceux qui flânent, qui promènent leur chien, aiment bien s'arrêter discuter, de la pluie ou du beau temps." Certains ouvrent carrément leur cœur, comme cette dame, venue parler de son mari qui ne va pas bien. "Notre tenue inspire la sympathie, on est accessibles", analyse Anna. "Il y a presque une reconnaissance : tout le monde produit des déchets, mais peu de gens les ramassent."

Balayeur de rue est aussi un formidable poste d'observation sur un monde grouillant et invisible. "Il se passe plein de petites choses", constate la jeune femme. "J'ai découvert que ceux qui vendent des bouteilles d'eau les cachent sous les plaques en fonte des bouches d'électricité !" Elle voit aussi les sans-abri. "Certains sont vraiment dans un état grave physiquement et mentalement", dit-elle. "Mais d'autres se créent une petite place, vendent des journaux, discutent avec les gens, se mettent sur un coin de rue avec un livre…"

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"Je ne suis pas sans-abri, je suis un touriste !"

Elle se souvient comme ça d'un jeune Roumain, rencontré au coin d'une rue : "Il était sans-abri, et me disait pourtant : "Je déteste les SDF, ils sont méchants, agressifs et sales". Et quand je lui ai fait remarquer que lui aussi était sans-abri, il m'a dit : "Pas du tout, j'ai une maison en Roumanie. Je suis ici en touriste !" C'était sa façon de se protéger." Anna se souvient, aussi, de ce monsieur, sortant d'un café : "Il m'a raconté qu'il avait avant une bonne situation, qu'il avait perdu son métier, puis sa maison. Et maintenant, quand il disait bonjour, les gens ne lui répondaient plus. Comme s'il n'existait plus. C'est très triste, parce que ça peut arriver à tout le monde."

De la rue à la cuisine

Au lieu de voir la crasse, la misère ou la saleté de la rue, Anna voit "le positif" : "Ce n'est pas moche. Voir comment certains sont capables de se créer une petite place alors qu'ils n'ont rien, m'a donné confiance dans les êtres humains. Certains ont presque l'air heureux."

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Aujourd'hui, Anna est partie de Paris. Elle a posé ses valises dans le sud de la France. "Je suis une fille de la campagne, la nature me manquait. Et j'avais besoin de distance pour écrire mon livre", raconte-t-elle. Elle a trouvé un travail… dans une cuisine collective. En vue d'un nouveau livre ? Anna rigole. "Ah, je ne suis pas sûre, je suis moins inspirée. Sans doute, cela me fait moins voyager !"

"Il est cinq heures, Paris s'éveille. Mémoires d'une balayeuse", par Anna Livart, aux éditions de l'Opportun. 15, 90 euros.

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